Les nouveaux produits de synthèse (NPS) sont des substances psychoactives qui tentent de reproduire les effets de produits illicites existants tels que l’ecstasy/MDMA, les amphétamines, la cocaïne, le cannabis, le LSD… Mais la plupart sont beaucoup plus puissants et plus dangereux que les drogues qu’ils imitent.
Les structures moléculaires des NPS se rapprochent des produits illicites, sans être tout à fait identiques. Cette spécificité leur permet, au moins à court terme, de contourner la législation sur les stupéfiants. Cependant, l’Union Européenne lutte contre ces pratiques et tente de les répertorier, de les classer et de les interdire. Généralement achetés sur Internet, les NPS sont connus soit par leurs noms chimiques, soit à travers des noms commerciaux.
En France, c’est la fin de la décennie 2000 qui a vu la diffusion d’une grande diversité de nouvelles molécules synthétiques. Elles n’étaient pas inscrites sur la liste des stupéfiants des conventions internationales. Les principaux NPS présents dans l’Hexagone sont des cannabinoïdes de synthèse, proches du THC (principe actif du cannabis), des phénéthylamines, se rapprochant soit de la MDMA soit du LSD.
Il existe plusieurs centaines de NPS aux propriétés très différentes (8 familles principales) :
Le 27 juillet 2012, un arrêté représente un changement majeur dans le classement des nouveaux produits de synthèse. Cela met ainsi fin aux classements individuels, molécule par molécule. Avec cet arrêté, pour la première fois, le législateur a eu recours à une approche dite « générique ». Une grande part des cathinones sont ainsi classées par un seul texte.
Les présentations commerciales des NPS posent le problème de la connaissance du consommateur sur la véritable nature des contenus. En effet, elles entretiennent un doute sur le caractère synthétique des produits (présentation sous forme d’herbe), ou utilisent des formes qui suggèrent un contrôle des compositions et des dosages.
Or, il existe une grande variabilité des dosages entre les NPS, et par conséquent des effets ressentis et/ou indésirables. En effet, comme il est plus difficile d’évaluer et de gérer sa consommation, les risques d’overdose augmentent.
À l’heure actuelle, les risques à long terme de l’usage de ces produits, c’est-à-dire leur toxicité chronique ou leur potentiel de pharmacodépendance sont très peu connus. Des études s’avèrent donc nécessaires pour réaliser cette évaluation : les premières études sur les effets et la toxicité chez l’homme ont commencé à paraître en 2012.
Si vous consommez des NPS ou autres produits illicites, faites un bilan de votre consommation avec un spécialiste.
Ces consultations sont gratuites, le CICAT est financé par l’agence régionale de santé (ARS).
Sources :
Detrez V. Le Point SINTES n° 7. Paris, OFDT, 2021, 16 p.
OFDT, Synthèse thématique : nouveaux produits de synthèse